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| | 1 janvier 2020

Le « Léopard d’or » de la famille Laval-Montmorency – Acte 2

Le « Léopard d’or » de la famille Laval-Montmorency – Acte 2

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Quand le blason devient levier de la politique territoriale et matrimoniale des Laval-Montmorency

Acte 2 : Guy VII, premier des Laval-Montmorency, et successeurs

Entretiens réalisés avec Xavier Villebrun, directeur du service Patrimoine de Laval.

La politique du blason menée par la famille de Laval est retracée au cours de deux émissions. Carte d’identité matrimoniale et territoriale, le blason représente l’autorité d’un individu et son lignage. Alors que l’élite carolingienne cède la place aux seigneurs féodaux, ces signes d’identité déjà usités sont rapidement adoptés par les chevaliers, la nouvelle élite des combattants. Devenus progressivement héréditaires au 13e siècle, ils s’inscrivent dans un processus qui consacre un lignage  sous l’autorité de l’Église : la sépulture (lieu où l’on honore le lignage), le nom (sa désignation), le blason (représenté sur la bannière) avec le cri de guerre sur le champ de bataille (ou de ralliement qui devient symboliquement celui des proches).

Laval Montmorency Emission 2

Crédits : Dessins inspirés du livre de Sir Ian Moncreiffe et Don Pottinger, Simple Heraldry, Cheerfully Illustrated  (Ed. Thomas Nelson & Sons Ltd, 1959)

Guy de Dénéré dit « Conditor » († v. 1062) créer la seigneurie de Laval en l’an mille. Elle est probablement le résultat d’une fondation adultérine qui profite d’une opposition entre les Blois et les Robertiens-Capétiens. Elle répond cependant à un besoin géopolitique : la terre de Laval sécurise une voie d’est en ouest coupée par la Mayenne. Dès sa fondation, l’ambition des Laval s’affirme par une politique matrimoniale ambitieuse afin de consolider l’assise du fief. La reconnaissance du lignage passe d’abord par une fondation religieuse, lieu d’inhumation. Guy IV († vers 1180) établit l’abbaye de Clairmont en 1152 qui abrite la nécropole des premiers Laval. Le blason qui est signe laïc d’identité individualisé (d’où les « brisures » pour les cadets) devient la marque des Laval dans un second temps. Le « léopard d’or sur fond de gueules » apparait sous Guy V († 1210). Il devient le signe héréditaire du chef de famille, chef d’armes, et seigneur de Laval. Nouvelle élite parmi les anciennes familles carolingiennes, telles que les Craon, les Château-Gontier et les Mayenne, le choix du « léopard d’or » tranche des formes géométriques de ces lignages, mais reprend leurs codes de couleurs or et rouge. Il s’enrichit d’un mythe chevaleresque qui favorise des unions hypergamiques avec l’ancienne aristocratie. Les seigneurs de Laval gagnent de nouvelles terres, et tissent des liens familiaux et politiques, d’abord dans l’Ouest puis vers l’Est jusqu’en Flandre entre Guy IX (1270-1333) et Béatrix, comtesse de Gâvre († 1315).

Avec la naissance de Guy VII (1219-1267), deux lignages fusionnent pour créer celui des Laval-Montmorency. Déjà un instrument politique, le blason gagne une nouvelle dimension. Fruit du mariage entre Emma, seigneur de Laval (1200-1264), et Mathieu II de Montmorency (1174-1230), connétable du roi Philippe-Auguste, le jeune Guy conjugue le « léopard d’or » avec les « aiglons d’azur » des Montmorency. Au travers des armes paternelles, qu’il brise de quatre « coquilles d’argent », il enracine un double-lignage dont la puissance est matérialisée par le donjon érigé par son père. Le léopard représente désormais les droits seigneuriaux rattachés au fief de Laval. Bientôt, il ajoutera les droits seigneuriaux du lion d’argent de la baronnie de Vitré. Cette nouvelle politique du blason manifeste sa fortune territoriale, affermit sa position seigneuriale parmi les féodaux, et affiche l’influence grandissante de sa famille auprès des princes de Bretagne et de la Francia naissante.

N.B. – Selon les auteurs, la numérotation des Guy de Laval diffère. La règle dynastique est ici privilégiée : l’héritier chef de famille adopte le prénom de Guy (quelque soit son nom de baptême), qui est le marqueur seigneurial rattaché à la terre de Laval. Après Guy 1er le fondateur … Guyonnet (1198-1211) prend le nom de Guy VI, seigneur de Laval …  Jean (1327-1412) prend le nom de Guy XII, baron de Laval … ou encore François (1406-1486) adopte celui de Guy XIV, premier comte de Laval qui fut compagnon de sainte Jeanne d’Arc, etc.

Musiques émission / Acte 1

« Úlfhéðnar », chanson de guerre viking dont les paroles proviennent du Haraldskvæði, poème skaldique du IXe siècle, et du Völuspá, premier poème de la poétique Edda, par Valafar, album Wolfenkind (2018). Elle relate le combat entre les Úlfhéðnar, guerriers loups de la mythologie nordique, qui sont craints pour leur dextérité guerriere et ferveur extatique, contre les forces d’Odin.

« Ulfhednar », titre de l’album Herja (2018) par Danheim. Cet essai musical est inspiré de la mythologie nordique des Úlfhéðnar (guerriers loups) par l’auteur-compositeur et producteur danois Mike Schæfer Olsen.

« Cantiga nº 166 », titre de l’album The Shape of the Medieval Music to Come (2003) par le groupe suédois Vox Vulgaris.

« Sakpipslät », titre de l’album Portals of Grace (2002) par Azam Ali. Chanteuse née en Iran, elle grandit en Inde puis aux États-Unis. Elle y découvre la musique médiévale, et notamment de la religieuse bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres franconienne, sainte Hildegarde von Bingen (1098-1179).

Musiques émission / Acte 2

« Cantiga nº 213 », titre de l’album The Shape of the Medieval Music to Come (2003) par le groupe suédois Vox Vulgaris.

« Stella Splendens », titre de l’album The Shape of the Medieval Music to Come (2003) par le groupe suédois Vox Vulgaris. Splendide étoile est une chanson polyphonique extraite du livre catalan Llibre Vermell de Montserrat écrit au XIVe siècle à l’abbaye de Montserrat, Catalogne. Il recueil des textes et chants de dévotion en catalan, en occitan et en latin, notamment de la fin du Moyen Âge.

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