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| | 2 octobre 2019

Laval, 800 ans de santé publique : 2e épisode

Laval,  800 ans de santé publique : 2e épisode

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Laval,  800 ans de santé publique contés en quatre épisodes.

Entretien réalisé avec Xavier Villebrun, directeur du service Patrimoine de la ville de Laval.

Episode 2  – Du Grand Enfermement au mouvement hygiéniste post révolutionnaire.

Renaissance – L’hôtel-Dieu Saint-Julien est réorganisé et s’agrandit. Laïcs et bourgeois prennent une part active dans sa gestion. En 1550, l’hôpital compte environ 28 lits et héberge 75 orphelins. Saint-Julien prend sa place définitive sur la rive gauche lors de l’achat du terrain des anciennes lices seigneuriales qui permet l’inauguration de nouveaux bâtiments en 1650.

XVIIe siècle  – A l’Age Classique, le devoir de Charité du Moyen-âge cède le pas à une nouvelle vision de la santé publique. La déraison s’invente comme le moteur d’une politique ambivalente qui mêle  assistance et répression. L’asile ou l’internement s’énonce comme la nouvelle façon de voir, et surtout de faire les « fous », dénomination qui réunit tout à la fois aveugles, indigents, orphelins, vagabonds, vieillards et toutes sortes de miséreux parce que non « incorporés ». En France, le « grand enfermement » voit le jour en 1662. Une opération de grande envergure est alors organisée sur tout le royaume en rupture avec l’assistance aussi bien laïque qu’ecclésiastique jusque là privilégiée. L’enfermement est entendu comme la solution pour endiguer le danger social que représentent l’oisiveté, la mendicité et a fortiori le vagabondage. Il vise la réintégration sociale par le travail, et se matérialise par la construction d’hospices disposant parfois de fabriques. A Laval, l’hospice Saint-Louis s’ouvre en 1681. Il est localisé hors les remparts sur les berges de la Mayenne près de la Porte de la Chiffolière, à coté de la mairie actuelle. Une population hétérogène de marginaux que l’on veut rendre utile sera regroupée et rééduquée derrière ses murs. Un tourniquet y sera encastré, mécanisme d’abandon des nouveaux nés qui aurait fonctionné jusqu’en 1968.

Des années révolutionnaires au mouvement hygiéniste du XIXe siècle – Si les sœurs de l’hôtel-Dieu Saint-Julien ne sont pas expulsées, elles sont malmenées par les révolutionnaires. Les nouveaux administrateurs écrivent en 1792 au ministre de l’Intérieur reconnaissant que «l’hôpital de Laval est un des meilleurs de la République et son administration a été de tout temps excellente ». Il devient un hôpital militaire le 18 mars 1795. Saint-Julien et Saint-Louis forment un seul et même hôpital. Les salles se spécialisent, préfiguration des services de médecines. En 1875, Saint-Julien s’agrandit, alors que Saint-Louis est détruit pour être reconstruit route de Nantes. A partir du Second Empire, le courant hygiéniste naît et s’exprime à la fois dans l’architecture et les soins prodigués. Figures de Laval, de la Révolution à la Première Guerre mondiale, la dynastie des quatre Bucquet, médecins et chirurgiens, contribuent au progrès de la science et de l’hygiène. Le docteur Joseph Bucquet, sera dernier de la dynastie. Mobilisé en 1914, il meurt des suites de ses blessures dans un centre de triage de la Somme le 10 octobre 1918.

Musiques

« Tourdillion, gagliarda e volta » (Tourdion, gagliarde et volte), musique de danse à la cour des princes Landi, Italie (XVIe – XVIIe). La première occurrence du mot « gagliarda » se trouve dans l’ « Orlando innamorato » écrit vers 1480 par le poète comte Matteo Maria Bojardo (1441-1494) en Lombardie. Les premières notations musicales des gaillardes (Cinq-pas/Gaillarde en France, Gaillard en Angleterre) sont à chercher dans les saltarelli, termes étant interchangeables. Plus lente que le tourdion, mais plus spectaculaire car dansée en l’air, la gaillarde devint très populaire dans les cours d’Europe entre 1500 et 1650.

« La Carmagnole » est une chanson révolutionnaire originaire du Piémont créée en 1792 au moment de la chute de la monarchie constitutionnelle le 10 août 1792. Ce chant gagne d’abord la région de Marseille, avant d’atteindre Paris, à l’identique du chant patriotique « La Marseillaise » qui deviendra hymne national le 14 juillet 1795.

« Galop infernal » (n⁰ 15) extrait de l’Opéra des Bouffes-Parisiens « Orphée aux Enfers » d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy (21 octobre 1858) sur une musique de Jacques Offenbach, compositeur emblématique du Second Empire. Ce morceau est devenu le thème musical principal du French cancan d’abord apparu à l’Alhambra à Londres en 1868 puis introduit à Paris dans les cabarets.

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