mardi 22 septembre Le saint du jour : Saint Maurice
| 25 septembre 2019

Laval, 800 ans de santé publique contés en quatre épisodes

Laval,  800 ans de santé publique contés en quatre épisodes

Par

Entretien réalisé avec Xavier Villebrun, directeur du service Patrimoine de la ville de Laval.

EPISODE 1  – Le devoir de charité

« Frates et capitulum communiter sancti Juliani de ponte Lavalli », collégialement, les frères et le chapitre de Saint-Julien du pont de Laval – Source : Bail à rentes daté de 1207 pour la « dominui sancti Juliani », la maison de saint Julien.

IMG_20190922_101127__01__01__01__01

XIe siècle – Au Moyen-Age, le devoir d’assistance et d’hospitalité incombe à l’Église sous l’autorité du seigneur. C’est le devoir de Charité. Les lieux de soins ne sont jamais placés dans, mais hors-ville, à son entrée et en limites du domaine seigneurial. Une maison-Dieu est crée à Laval au XIe siècle, installée à l’aumônerie de la chapelle Saint-Julien (premier évêque du Mans au IIIe siècle). La chapelle est située juste à l’entrée du Vieux Pont (rive gauche ou Saint-Vénérand). Elle accueille les pèlerins, indigents et malades non contagieux. Ceux qui sont atteints de « maladies de contagion » (lèpre, peste, etc.) sont isolés aux limites du domaine seigneurial dans la maladrerie ou léproserie située sur la route de Tours (proche des fourches patibulaires du gibet) « au port de la rivière de Barbé » à l’emplacement de l’actuelle maison de retraite Jeanne-Jugan (quartier du Pavement). Elle porte le nom du saint protecteur Nicolas. Les léproseries se multiplieront à partir  du XIe / XIIe siècle à la suite des croisades, et seront définitivement fermées au XVIe. Le dernier lépreux connu à Laval quitte la léproserie en 1505, mais la peste frappe jusqu’au XVIIe en France.

1451 – Début du réaménagement de la maison de saint Julien et constructions multiples en bois de l’hôtel-Dieu à la suite des destructions de la guerre de Cent ans (1337 – 1453). Pour vivre, outre les donations et les dons, l’hôtel-Dieu possède de nombreuses fermes qui lui versent des loyers dont une part en nature ou alimentation (légumes, viandes, œufs, etc.). Saint-Julien a possédé jusqu’à 99 fermes, et disposé de loyers jusqu’en 1973, date de l’ouverture de l’hôpital général de Laval.

1527 – L’hôtel-Dieu s’agrandit vers l’aval du pont. Guy VXI de Laval décide de se préoccuper de Saint-Julien par la construction du « Logis sur l’eau » avec un sous-bassement en granite, alors que les bourgeois disputent sa tutelle en s’impliquant de plus en plus dans la gestion et y investissent. 28 lits sont disponibles avec une capacité de soins pour une centaine de personnes.

1547 – Géré par un Chapitre composé de malades, religieux et de laïcs et bourgeois, l’administration de l’hôtel-Dieu subit une réforme. Les administrateurs sont nommés pour trois ans.

MUSIQUES

« 50 ფსალმუნი », psaume 50 en araméen, par l’Archimandrite Seraphim Bit-Kharibi – Chanting in the Language of Christ (2018)

« Le Roy engloys se faisoit appeler, le Roy de France par sappellation », chanson appartenant au Manuscrit de Bayeux, écrite à la fin du XVe faisant allusion à Henri V qui voulu monter de force sur le trône de France. Son auteur est inconnu mais elle est attribuée à Josquin des Près ou Guillaume Dufay, les principaux musiciens de l’époque.

« Der kuninc Nabugodonosor », XIIIe, musique d’un auteur inconnu parfois attribuée à Rumelant von Sachsen (1273 – 1287). Album Vita S. Elisabethæ – The life of St. Elisabeth of Thuringia (1207-1231) told in medieval songs and texts, Ioculatores / Ars Choralis Coeln / Amarcord (2007)

Les dernières réécoutes